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We own the night

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Liam G. O'Brian
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MessageSujet: We own the night We own the night EmptyVen 29 Jan - 20:19



    CHAPITRE 3
    Saturday night


    Qu'est-ce que je faisais ici au juste ? Nan, mais sérieux ! La musique assourdissante tapant sur le système, les cocktails bleus fluos et tout le reste ... Ce n'était pas moi, pas la moindre du monde ... J'étais davantage intéressé par, disons, les choses un peu ringarde, vous savez ? Les fêtes foraines et leurs grandes barba-papas roses, les rendez-vous galants au cinéma du coin ... J'imagine que je devrais réfléchir à changer un peu ... Qui serez intéressé par un mannequin débarquant tout droit d'un épisode d'une mauvaise série télévisée des années 50 ?

    Enfin bref, tout ça pour dire que je n'étais pas dans mon élément. Je m'étais laissé embarqué péniblement par un de mes colocataires -le plus baraqué, autant dire que lui répondre non avait été inimaginable- qui avait décrété qu'un beau jeune homme de mon âge avait sûrement mieux à faire que de regarder des bêtisiers à la télévision un samedi soir, avec un pot de pop-corn posé confortablement sur mes genoux.
    Résultat, je me retrouvais perché sur un tabouret du bar de la boîte de nuit dans laquelle il m'avait emmené, à refuser les propositions des demoiselles qui voulaient m'entraîner sur la vaste piste de danse. Me mettre à danser était exclu ... à moins que vous vouliez voire une sorte de ... remake d'Elvis Presley qui viendrait d'ingurgiter une bonne dose de drogues ou de médicaments diverses !

    Une paille coincée entre mes lèvres, j'observais les différentes personnes qui passaient dans mon champ de vision comme à mon habitude, tout en sirotant le très traditionnel Wisky-coca. C’est alors que mon regard fut attiré par une grande blonde au visage familier. Encore une mannequin de l'agence ? Naan ! ... Enfin, en faite si ! Mais pas n'importe qui ! Son visage s'était même retrouvé placardé sur l'arrêt de bus à laquelle je me rendais chaque matin pour regagner mon lycée. Autant dire que si elle avait réussit à se retrouver jusqu'à mon petit bled paumé, elle n'était pas n'importe qui !
    Je la regardais de loin, détaillant ses traits fins et délicats. Elle était plus vieille que moi ... Bon, vous me direz ce n'est pas compliqué en sachant que quelques mois auparavant j'étais encore au lycée, mais une certaine sagesse s'émanait pratiquement de son être. Bon, c'était peut être moi qui m'imaginait des trucs ... Faut avouer que je me retrouvais à quelques tabourets d'une femme qui avait posé pour des tas de grandes maisons, et qui avait sûrement dû faire le tour du monde ... D'ailleurs, qu'est-ce qu'elle fabriquait ici ? Besoin d'anonymat, peut être ... Ouais, j'sais pas ... !
    Déterminé, je décidai finalement d me lever et de m'approcher d'elle d'un air qui se devait décontracté, même si on fond de moi, j'étais mort de trouille de me faire envoyer balader. Arrivé à ses côtés, je lui demandai d'un air intimidé :


    « Ann Traur ? ... »
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MessageSujet: Re: We own the night We own the night EmptyLun 1 Fév - 18:08

" Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris. "
C.Baudelaire, La beauté


Le renard est tapi au fond de son terrier. On prend du bois, des brindilles, une allumette. De la mousse sèche. Trouver l'entrée de la tanière et faire un bon feu de joie. On embrase. On attend. Il sort.
Une balle en pleine tête.

- Bon, ça suffit je te sors de là.

Ann hausse un sourcil. L'écran de télévision est brusquement éteint, l'enfumage remplacé par une silhouette gracile. Mademoiselle relève un regard placide sur son amie. Un petit sourire se détache de ses lèvres glaciales.
- Ce n'est pas mon anniversaire, susurre t'elle, un verre de whisky porté à sa bouche.
- Tu as besoin de t'aérer l'esprit. Et puis ce documentaire n'est pas sain.
- Au contraire, c'est parfaitement adapté. Rassieds toi.
- Non ma fille. Tu as un quart d'heure.

Le verre et la télécommande lui sont arrachés des mains, sentence ponctuée par un regard sévère. Ann laisse échapper un rire sarcastique. Elle lève les mains, lâche capitulation, et quitte lourdement son assise. Elle range sa bouteille de Chivas sans aucune volonté, se traîne jusqu'à la chambre de sa suite, l'esprit vaquant à de morbides pensées. S'identifier à un pauvre renard dont on convoiterait avidement la fourrure n'est pas sain, de fait... Mais s'acharner à " aérer " un esprit inexorablement nécrosé n'est pas très perspicace non plus. On répare un peu Ann Traur tant qu'elle peut encore faire de l'usage. Hors de question de la laisser crever, n'est ce pas ? Elle sourit tout en laissant choir sa nuisette au sol. Quelle heure est il ? Peut être que si le renard était moins lâche, il se jetterait enfin sur les chasseurs. Vingt trois heures trente. S'arracher les tripes au grand jour jusqu'à dégoûter les imbéciles de sa fourrure. Deux heures, pas plus. Deux heures et elle rentre au bercail. Brigitte Bardot a trouvé la bonne planque, finalement...
Elle sort, robe noire au corps et sourire sensuel au visage. Son amie lui affiche un air content. Satisfait. Elle est faite pour ça, après tout.

***************************************************

- Je dois filer, désolée. Mon homme me réclame.
- Promets moi de refuser s'il te suggère le couvent chérie. siffle Mademoiselle, perfide, une coupe de champagne accrochée à ses lèvres.

Elle rit. L'alcool aidant, Ann se contente d'un sourire quelque peu volontaire. Elle vide sa coupe et fait signe à sa compagne de foutre le camp. Ravie, touchée par tellement de compréhension, l'intéressée la serre fort, geste parfaitement inutile mais dont la chaleur attendrit légèrement le modèle. Un chèque en blanc lui est offert à l'adresse de la maison et des futures consommations dans lesquelles elle va pouvoir se noyer en toute conscience. Ca, c'est encore plus attendrissant.

On vient la voir. Elle s'esquive. On l'invite. Elle décline. On insiste. Elle sort les griffes et fuit vers le comptoir. Le bruit assourdissant que crachent les enceintes y est quelque peu atténué, elle peut s'entendre ne pas penser en toute sérénité. Que fait elle encore ici ? Une soirée forcée et une décommande de dernière minute, plus besoin d'ennemis avec une amie pareille. L'odeur de transpiration et de marée humaine lui sature l'odorat. Sa tête commence à tourner. Pas encore assez . Elle lève la main pour héler le serveur.
- Un bouteille de vodka et un shooter s'il vous plaît.

Selon la croyance populaire, il n'est pas bon de mélanger les élixirs. Mais la majorité de la population ne frôle pas encore l'alcoolisme sévère. Puisqu'elle a une vengeance à prendre, Ann a bien l'intention d'allonger les verres et la note qui sera inscrite sur son nouveau chèque.
Un verre.
- Ann Traur ?

Elle redresse le visage. Pas d'autographe. Pas de visage épanoui à la manière des stars hollywoodiennes. Pas de plan à trois non plus. Allez vous faire voir.
Un visage imberbe s'affiche devant elle. Ann hausse un sourcil, surprise qu'ils aient laissé rentrer un lycéen dans pareille enceinte. Cependant, toutes ses médisances mises à part, elle doit reconnaître à ce faciès un certain charme. Il n'a pas le regard fier et lubrique de ses habituelles rencontres, ni l'attitude idiote et puérile des gamins de ce qui semble être son âge. Charmant, en somme. Un peu pâli de sa propre nervosité, mais ce n'est qu'un bonus supplémentaire.

- Enchantée. sourit elle donc, un brin machiavélique. Vous voulez boire quelque chose ?

Elle appelle le serveur et, déjà, lui désigne le tabouret devant lequel il se tient raide depuis de longues secondes. Il n'a pas le choix. Elle a un budget boisson à faire exploser ce soir.
Le sourire de mademoiselle s'étire donc avec bonne volonté lorsqu'il pose enfin séant. Elle se serre un deuxième shooter et se tourne vers lui, observant brièvement les courbes séduisantes, étrangement familières, de cette nouvelle rencontre.

- A qui ai je l'honneur ? Vous ne travailleriez pas à l'agence Caranston par hasard ?

Au pire, elle a raison. Au mieux, elle se trompe et il sera flatté d'être pris pour un jeune mannequin.
Que la partie commence.
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MessageSujet: Re: We own the night We own the night EmptyMer 3 Fév - 19:18


    Liam lui rendit son sourire, toujours aussi intimidé. Nan, mais vous vous rendez compte ? Il se retrouvez en face d’Ann Traur ! Merde quoi, pour un mannequin débutant comme moi, c’était vraiment une chance ! Bon, bien entendu je ne comptais pas lui demander des tuyaux sur le métier, ou qu’elle me refile le numéro d’un photographe célèbre … Ouais, me connaissant, j’étais plus du genre à lui parler de la pluie et du beau temps … Enfin c’est vrai quoi, elle devez sûrement en avoir marre qu’on lui dise toujours les mêmes choses …

    « Enchantée. Vous voulez boire quelque chose ? »

    J’acquiesçai d’un rapide signe de tête, avant de me poser sur le tabouret qu’elle m’avait montré d’un geste de la main sans rechigner, tel un vrai petit garçon sage. Je me mordis le coin de la lèvre, laissant la jeune femme me jauger pendant une demi-seconde, attendant un tantinet mal à l’aise. Si observait les autres était un vrai passe-temps pour moi, être étudié par quelqu’un d’autre n’était pas une partie de plaisir. Pour ma part, je n’éprouvais pas le besoin de la cerner, je connaissais déjà son visage fin, ses yeux claires encadrés de long cils, ses beaux cheveux blonds et son léger sourire travaillé, pour les avoir vu plusieurs fois dans les magasines féminins de ma mère, que je lisais en cachette quand j’habitais encore le domaine familiale, afin de pouvoir regarder de vrais femmes.

    « A qui ai je l'honneur ? Vous ne travailleriez pas à l'agence Caranston par hasard ? »

    Je lui adressai un léger sourire, avant de rétorquer, sans réfléchir, pour plaisanter:

    « Oh, si je vous dit quelque chose c’est peut être parce que vous m’avez vu sur des petites affiches … « Recherché pour exhibitionnisme », c’est pas ça ? »

    Je me tus immédiatement après avoir dit ça. Ok, mon vieux sur ce coup là tu aurais mieux fait de te taire ! Je lui adressai un nouveau petit sourire gêné par ma propre bêtise avant de reprendre plus sérieusement, abordant mon accent irlandais si étrange :

    « Vous avez vu juste, Caranston Agency … »

    Et oui, pas de "tu" cette foi-ci. Si j’avais fait l’impasse sur le vouvoiement dans mes précédentes rencontres, je me voyais très mal m’adresser ainsi à une femme tel que Ann Traur. Je me répétais sûrement, mais la voir comme ça, en face de moi, était assez impressionnant. Il fallait avouer que la seul « célébrité » que j’avais croisé dans ma très triste et plate vie, était un gars sortant d’une émission de télé-réalité … Et encore, je ne lui avais même pas adressé un mot et je ne pouvais pas espérer d’obtenir la même carrière que celle qu’il avait vécut …


Dernière édition par Liam G. O'Brian le Lun 8 Fév - 14:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We own the night We own the night EmptyDim 7 Fév - 18:41

La première phrase qui s'élève de la bouche juvénile ne manque pas de lui faire hausser un sourcil. Ann esquisse un léger sourire et, cruelle, s'abstient de répondre à son élan de spontanéité étrange. Dans le seul but de le voir lui même se tordre de ce sourire confus qu'il lui offre enfin. Bien sûr, son naturel est plaisant, autrement moins redondant que les balbutiements et autres numéros de charme dont elle est souvent assénée. Mais puisqu'il joue son rôle d'enfant incrédule et enjoué à merveille, alors elle peut bien s'offrir le plaisir de rentrer dans la peau de son propre personnage : imperturbable, glaciale, Belle. La caricature a cela de confortable qu'elle n'est pas bien déstabilisante. Cependant, mademoiselle hésite encore à tenter de le traumatiser. Une compagnie agréable, c'est assez rare pour ne pas être gâché.

Caranston Agency. Ann retient la grimace sceptique qui veut lui tordre la bouche et lève la main pour appeler le barman, laissant de côté ses conseils professionnels. Que ce petit se fasse bouffer par les requins est, à son sens, une fatalité évidente. mais ça ne se dit pas. Non, il faut préserver l'image parfaite du mannequinat dans le regard des futurs marionnettes. Égoïsme, lâcheté, réalisme, peu importe. Ce sont des qualités qui se recoupent.
Le serveur arrive, prêt à prendre commande. Mademoiselle se verse une nouvelle dose d'alcool, pendant que sa rencontre demande la sienne, un sourire imperceptible sur les lèvres. Ce garçon ne lui a toujours pas dit son nom. Tant pis. Elle le saura bien assez vite.

" Mannequin et voyou exhibitionniste ? " rétorque t'elle finalement, sur une note de légèreté, pendant que le serveur leur ramène la dernière tournée, laissant son index glisser sur les bords de son propre shoot. " Intéressant. Quoique s'il s'agit de poser nu, on l'a tous fait. "

Elle laisse échapper un rire bref et entrechoque leurs verres, pour enfin se permettre de vider le sien. La brûlure passe, éphémère et presque trop commune. Trop douce. Rimbaud et sa fée verte ne se rendaient pas compte de leur chance. Quoiqu'elle aurait difficilement admis de devenir folle au nom de l'art. Elle n'a pas beaucoup de considération pour la beauté d'une œuvre esquissée dans la démence et l'oubli.
Elle se resserre un verre et le laisse reposer quelques temps, par soucis de ne pas choquer son compagnon. Son collègue. Il ne s'agirait pas de passer pour une idole malheureuse et alcoolique. Il lui reste quelques années avant d'atteindre vraiment ce stade. Ou quelques mois. Allez savoir.
Sans crier gare, elle prend bouteille et verre une main, l'autre posée sur le bras du jeune homme.

" Venez. "

Même éloignée du comptoir, la musique lui monte à la tête. Ce qui aurait été parfait si elle n'avait pas tenté d'entretenir une conversation cohérente. Elle a besoin d'intimité. D'une cigarette. Et d'un laps de temps suffisant pour permettre à garçon de lui sauver sa soirée. Un pari difficile, mais pas impossible vu la facilité avec laquelle il tombe dans la légèreté. Amener Ann Traur sur le thème de l'exhibition, c'est déjà un exploit notable en soi.
Ils contournent le bar, montent un escalier à la blancheur moderne et atteignent l'entrée des salles " V.I.P¨ ". Le visage de mademoiselle suffit à les laisser pénétrer dans la secte des personnes importantes. C'est l'un des nombreux avantages à abandonner toute forme de vie privée au profit d'une carrière brillante. Un sacrifice stupide, tout juste bon pour les suicidaires, mais séduisant dans le regard de ceux qui ne l'ont pas fait.
L'étouffement des enceintes l'emplit d'un soulagement intense. Un instant, il lui semble que son cerveau vient de prendre un shout d'oxygène en pleins neurones. Le mal de crâne s'estompe, remplacé par un étau cotonneux et étrange, extatique. Ann avise deux fauteuils suffisamment loin du reste du monde et s'en va y déposer son célèbre postérieur. Elle pose verre et bouteille sur une table basse, attend que monsieur la rejoigne dans son assise et reprend enfin, plus légère, libérée par le simple silence qui se diffuse autour d'elle.

" Alors, en quoi êtes vous tellement exhibitionniste ? C'est vrai que vous n'avez pas vraiment l'air enclin à vous poser une foule de questions avant d'agir... "

Un sourire s'étire sur ses lèvres, plus complice, moins surfait. Elle allume une cigarette et lui tend son paquet. Continue comme ça mon vieux. Si tu peux me venir me voir juste pour me dire tout ce qui te passe par la tête, c'est que tu es déjà au dessus du lot.
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MessageSujet: Re: We own the night We own the night EmptyMar 9 Fév - 20:33


    Elle semblait vraiment vouloir me payer un verre … En règle général, j’avais toujours pensé que c’était l’homme qui devait offrir à boire à la fille … Oui, bon, c’était légèrement macho de dire ça, mais finalement c’était comme ça que ça se passait généralement ! Enfin, vous me direz, elle devait sûrement pouvoir dépenser dans les boissons avec ce que je gagnait pour un mois de salaire, sans compter ce que l’on devait lui offrir ! Aaah, la célébrité et ses nombreux avantages : argent, alcool et sexe … non ?
    Je quittai du regard le visage d’Ann, le temps de prendre ma commande. J’avais demandé « la même chose qu’elle », mais je devais avouer que je n’avais aucune idée de ce que ça pouvait être, avant de reporter mon intention sur la jeune femme.

    Je laissai mon regard suivre doucement des yeux le doigt de la belle demoiselle qui glissait lentement sur les bords de son shoot, tandis que le serveur ramenait déjà ce que je lui avais demandé. Un sourire amusé se dessina sur mes lèvres en l’écoutant.
    Je levais mon verre, un sourire collé au visage, pour venir l'heurter doucement avec le sien, avant de le porter à mes lèvres. Le liquide coula le long de ma gorge, la chauffant à cause de l’alcool. Je n’avais aucune idée de ce que ça pouvait être … faute d’expérience j’imagine, mais c’était plutôt bon. Enfin, j’avais toujours été plus branché soda qu’alcool, mais c’était vraiment délicieux !

    J’étudiais le liquide à l’intérieur de mon verre, m’amusant à le faire basculer d’un côté puis de l’autre, je devais sûrement passer pour un vrai gamin en manque de conversation, mais finalement c’était un peu ce que j’étais, lorsqu’elle posa son bras sur le mien, me laissant sursauter légèrement.


    « Venez. »

    Intrigué, je me laissai guider par la mannequin, sans rechigner. Après être passé le long du bar, nous empruntâmes un escalier et je dois avouer que je me demandais bien où elle m’embarquait avant de comprendre. VIP ? Waa, je n’étais jamais été dans un endroit réservé à des personnes en particulier dans ma vie.
    L’antre de l’élite parisienne était grande, calme … même le fauteuil vers lequel elle m’entraîna était beaucoup plus confortable que n’importe lequel des tabourets de l’étage inférieur.


    « Alors, en quoi êtes vous tellement exhibitionniste ? C'est vrai que vous n'avez pas vraiment l'air enclin à vous poser une foule de questions avant d'agir ... »

    J’hésitai pendant un instant à lui dire que je ne fumais pas, juste après qu’elle m’eut tendit son paquet, puis me ravisai. De l’alcool, des cigarettes, elle avait vraiment une mauvaise influence sur moi ! Non ? Je répondis à sa question, sur le ton de la plaisanterie, tandis que j’ouvrais son paquet.

    « Oh, vous savez ! Des pantalons baissés devant les jolies filles, enfin ce genre de choses ! J’ai même hésité à le faire tout à l’heure en venant vous voir, mais … beaucoup trop de monde ! Et je suis sûr que le barman me matait depuis mon arrivé, je voulais pas lui donner de fausses idées ! »

    Ok, je venais sûrement d’atteindre le paradoxe de la bêtise ! Je ris bêtement de ma propre blague, avant de me pencher, cigarette coincée entre les lèvres, vers son briquet, comme je l’avais si souvent vu faire à la télé ou au cinéma.
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MessageSujet: Re: We own the night We own the night EmptyVen 19 Fév - 19:35

Ann reste légèrement interdite. Révélation pour le moins... surprenante. Elle hausse un sourcil. Lui se marre. Elle se déride un peu s'arrache un sourire bon joueur. Ce genre de remarque a de quoi surprendre, syrtout quand on est habitué à un code de langage précis et réglementé. Voire à des jeunes gens terrorisés qui passent toute la discussion les yeux rivés sur leurs pieds, entre bafouillages et autres bégaiements. Non, lui se contente d'annoncer qu'il souhaite exhiber son pénis à la vue de tous par plaisir de faire comprendre à une femme qu'elle est attirante. Soit. Mademoiselle risque un regard sur l'entrejambe de son compagnon. La bête a l'air sage. Le contraire aurait été gênant.

Elle se ressaisit donc, prend son briquet pour allumer courtoisement son partenaire. Elle secoue légèrement la tête, arrache une volute nauséabond à sa propre cigarette. Au bout d'un léger silence, elle finit tout de même par rétorquer, joueuse.

" J'ai tout de même des doutes quant à l'homosexualité de ce barman. Ou alors, c'est qu'il sait jouer la comédie comme personne. "

Son sourire s'étire sur le sous entendu, elle jette au jeune homme un regard embrasé. S'il veut jouer sur le ton des obscénités, après tout. La seule différence avec lui, c'est qu'elle a vraiment couché avec ce barman. Et qu'elle est certainement bien plus douée pour se fondre dans la débauche dissimulée que lui. Il plaisante, il raconte de fausses anecdotes et de fait, il est assez drôle. Mais il ne mesure certainement pas qui il a en face de lui. Parce que ça, c'est un détail que les journaux et autres revues de mode ne révèlent pas. Pas quand on est habile et qu'on sait cacher son propre jeu. Le monde sait qu'elle est vieille et psychorigide, qu'elle est malgré tout relativement belle et qu'elle se démerde bien. Il ne sait pas qu'elle consomme l'alcool et les hommes jusqu'à outrance, dans l'intimité d'une couche dont elle se fout généralement de la localisation, uniquement pour le plaisir de s'oublier un peu et d'asservir la gente masculine. On la trouve exigeante dans un studio, on a rien vu de ce qu'elle peut donner dans une chambre.

Toutes ces digressions mises à part, Ann hésite. Ce garçon est charmant, mais elle finira bien par lui gâcher sa soirée. Elle n'est pas particulièrement drôle, elle. Et elle se voit très mal le séduire au milieu de tout ce monde, alors qu'elle doit le dépasser de dix bonnes années. Ce serait très mal vu. Ann laisse aux autres l'image de détraqués sexuels qui séduisent des gamins tous plus jeunes les uns que les autres.

" Si tu tiens vraiment à baisser ton pantalon, il y a beaucoup moins de monde ici. " finit elle par annoncer, la cigarette fumant entre ses lèvres.

Le tutoiement s'installe. On passe à la vitesse supérieure.
Elle tire. Elle recrache. Ne pas le séduire, certes. Ne pas le provoquer, c'est autre chose.
Comment peut on avoir l'air jeune à ce point ? Ce type avait l'attitude d'un gosse de dix ans.
Elle prend sa bouteille, se serre un verre. Elle le boit. Le pose devant son homologue et le remplit à nouveau. Pousser la provocation jusqu'à l'enivrer ? Elle glisse sur une pente dangereuse. Mais la perspective de devoir le ramener en personne à sa mère, ivre et incapable de marcher, excite son cynisme le plus profond. Elle lui sourit, passive, charmante. Il s'agit tout de même de ne pas lui faire peur. Calmement donc, elle fume, n'exigeant rien de lui vis à vis de ce verre, simplement posé sur la table. Il peut refuser. Ou pas.

" Pourquoi est ce que tu es là ? Tu n'as pas vraiment l'air très à l'aise. Trop de pantalons peut être, ceci dit. "

Elle rit . Un peu. Noyer le poisson et s'entretenir de banalités. Sauf le prénom. Avoir un prénom signifierait avoir une identité, une personnalité, et rendrait la chose beaucoup plus culpabilisante. Pour le moment, c'est un divertissement charmant et une compagnie plaisante. Avec une identité, il serait un gamin de vingt ans à peine qu'elle se retient encore tout juste de dépraver au nom de sa distraction personnelle. Il a de la chance : elle n'est pas partisane des drogues. Ça évitera de le tuer, au moins.
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